Dimanche 22 août 2010 7 22 /08 /Août /2010 16:26

Les tout premiers jeux olympiques de la jeunesse se tiennent à Singapour du 14 au 26 août 2010.


Le 12 août, j’ai eu la chance d’assister à l’arrivée de la flamme olympique qui traversait le campus de mon université, Nanyang Technological University.  En effet, l’université de Nanyang sert pendant tout le mois d’août de village olympique.  La rentrée des classes qui a généralement lieu au 15 août a été repoussée cette année au 1er septembre afin de satisfaire le besoin d’hébergement des nombreux athlètes venus du monde entier pour participer aux YOG (Youth Olympic Games).

 

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Les jeux olympiques de la jeunesse suivent le principe des jeux olympiques classiques.  La seule différence c’est que seuls peuvent y participer les athlètes qui n’ont pas encore atteint la limite d’âge minimale de participation aux JO. 

 

Aujourd’hui,  nous avons assisté aux quarts de finale du ping-pong féminin. Bien qu’originaire du Royaume-Uni, ce sport est aujourd’hui dominé par les athlètes asiatiques : Chine, Corée (du sud comme du nord), Singapour, Japon, etc.  La Chine et Singapour se sont qualifiées pour les demi-finales.  Qui sera la champion olympique, personne ne sait. Une chose est sure, il sera du pays...

 

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Par Cat Wu
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Jeudi 19 août 2010 4 19 /08 /Août /2010 02:54

Lundi 9 août, Singapour fêtait le 45e anniversaire de son indépendance.  Cet anniversaire célébré en fanfare par un défilé grandiose fût pour moi l’occasion d’en apprendre un peu plus sur les conditions qui ont mené à la création de ce tout petit pays.

 

Comme vous le savez, Singapour (telle qu’on la connait aujourd’hui) fût fondée par Sir Thomas Stanford Raffles au XIXème siècle et demeura une colonie britannique jusqu’en 1942, année de l’invasion japonaise de l’île.  

 

Suite à la défaite japonaise, Singapour retourna sous la dominance Britannique jusqu’en 1959, année où l’île obtint une autonomie partielle du Royaume-Uni ainsi que le droit à s’autogouverner.  C’est aussi l’année où le PAP (People Action Party) mené par Lee Kuan Yew accéda au pouvoir. 

 

En 1963 Singapour rejoignit la Malaisie pour fonder la fédération des états de Malaya.  Le regroupement fût de courte durée.  La Malaisie décida finalement d’exclure Singapour à la suite d’une période d’instabilité sociale et politique caractérisée par une série d'incidents à charactère racial.  L’independance de Singapour fut prononcée le 9 août 1965 à 20h15.

 

Il est bon de savoir que cette indépendance de la Malaisie n’était pas voulue par Singapour, mais plutôt fût imposée pour des raisons politiques et idéologiques.  En effet, à l’époque, l’Asie entière tremblait sous la menace communiste.  Du fait de l’instabilité sociale qui régnait à Singapour ainsi que de son histoire d’activisme politique, la crainte de voir émerger un partie communiste qui viendrait s’installer en Malaisie était bien réelle. 

La deuxième raison de la séparation était liée à l’idéologie raciale et à la question de la coexistence pacifique des peuples.  L’Asie du sud-est se caractérise par une très grande diversité culturelle et ethnique qui fut facilitée par l’époque coloniale.  Bien avant la période coloniale, des immigrants venus de Chine et d’Inde avait déjà commencé d’affluer à la recherche d’une terre où ils pourraient fuir la famine et prospérer en paix.  La colonisation Néerlandaise et Britannique ne fit qu’accélérer le processus.  La perspective de travailler dans les plantations de caoutchouc et les mines d’aluminium attira une immigration de main d’œuvre à laquelle s’ajoutait l’immigration forcée de milliers de coolies indiens et de paysans chinois.  Tout cela se passait sous les yeux des populations autochtones malaises qui se sont vite retrouvées prises dans le mélange.

 

Les problèmes auxquels devaient faire face les autorités dirigeantes en 1963 étaient multiples.  Une population en forte croissance, un taux de chômage très élevé, des conditions sanitaires déplorables et une île sans aucune (ou presque) ressource naturelle.  Un tel climat fournissait des conditions plus que favorables à l’explosion de conflits interethniques et religieux.  Alors que faire ?  Pour le PAP, il semblait nécessaire de créer une société multiculturelle où chacun quelle que soit son origine aurait les mêmes droits et où l’ascension sociale se ferait sur le principe du mérite.  Le problème c’est que les autorités de Malaisie ne le voyaient pas cet œil.  Pour elles, les malais avaient trop souffert de la période britannique où ils étaient systématiquement relégués au rang le plus bas de la société, contrairement aux immigrants chinois qui avaient obtenus davantage d’autonomie, leur permettant ainsi de prospérer dans le commerce.  Il était temps de rétablir l’équilibre.  La Malaisie déclara donc une politique de discrimination positive à l’égard des malais : « la Malaisie malaise ».  Ce fût la goutte qui fît déborder le vase.  Devant le refus du gouvernement de Singapour d’accepter un tel système, la Malaisie décida de rompre les liens politiques.

 

Quand on y pense, l’histoire d’un pays est faite d’événements extraordinaires…  J’ai récemment pu visionner l’annonce télévisée de l’indépendance de Singapour au cours de laquelle le premier ministre de l’époque, Lee Kuan Yew, ne pu retenir ses larmes.  Il se justifia plus tard en disant que depuis le temps où il s’activait à obtenir l’indépendance britannique, il avait toujours su que Singapour faisait partie de la Malaisie.  Ce jour-là, s’en était fini.  Singapour devait faire cavalier seul…  Il doit être terrible d’avoir entre les mains un people et un pays orphelins…  Pour ces hommes qui se trouvaient là, il était désormais leur destin de fonder une nation.  Dans une région politiquement instable ; à une époque où le monde cherchait un équilibre, où la menace communiste planait continuellement; avec entre les mains une population pauvre, sans travail, sans éducation, prête à imploser à tout moment…  Lorsque j’y pense, cela doit être tellement effrayant !

 

Et pourtant…  45 années plus tard, Singapour a rejoint le rang des pays développés.  Le chômage y est quasiment inexistant.  La richesse par habitant y est l’une des plus élevée du monde.  Des hommes et des femmes de pays bien plus pauvres y émigrent à la recherche d’une vie meilleure, qu’ils y trouvent d’ailleurs la plupart du temps.  Les communautés vivent en paix dans le respect de leurs cultures et de leurs croyances.

Certes beaucoup reste à faire.  La liberté politique est quasiment inexistante et des progrès sont encore nécessaires en matière de droits de l’homme.

Mais il est toujours facile de critiquer, surtout lorsque l’on n’a pas à agir.  Tellement de pays du monde s’entre-déchirent pour des raisons de croyances et de domination laissant derrière eux des milliers d’individus dans le dénuement le plus complet…  Comme l’affirmait Maslow dans sa pyramide des besoins, ce que veulent les hommes en premier lieu c’est un toit pour les protéger des intempéries, du pain pour les nourrir et un climat qui leur permette de vivre en paix avec leurs êtres chers.  Singapour a choisit la voie de l’industrialisation pour y parvenir.  Un comptable singapourien me disait un jour, très fier, qu’à Singapour, l’état ne donnera pas un sou qui ne soit mérité par son propre travail…  C’est une façon comme une autre d’instaurer une société multiethnique stable dans laquelle les parents peuvent rêver à un avenir pour leurs enfants.

 

Singapour affirme être un état sans idéologie.  Il semble qu’ici la seule idéologie qui existe c’est que l’amélioration des conditions de vie doit passer par le développement économique au moyen du labeur de chacun et de la croissance de la consommation.  C'est désormais la capitale mondiale des centre commerciaux, un pays où tout tourne autour du shopping!

 

J’ai appris à l’école qu’il y avait une réponse juste à toute question auxquelles j’étais confrontée.  En devenant adulte, j’’ai dû apprendre par la force des choses que ce n’était qu’une illusion ; que l’on apprend aux enfants que la bonne réponse existe toujours, peut-être pour les protéger de l’incertitude qui règne constamment dans le monde des adultes.  Car une chose est sûre, il n’y a pas une recette unique pour être heureux et le bonheur des hommes ne dépend pas que de l’individu mais bel et bien de la société qui l’entoure…  Quoi qu’on en dise, on est dépendent du monde dans lequel on vit mais ce monde est aussi dépendent des individus qui le composent.

 

J’admire ces hommes qui ont construit ce pays.  Singapour est l’un de ces endroits du monde qui a su se prévenir contre les dangers de la diversité et tirer profit des différences pour créer une nation arc-en ciel, une société multiethnique où chacun bénéficie des mêmes droits et des mêmes chances de faire quelque chose de sa vie...

 

 

 

 

Si vous voulez en savoir plus sur l'histoire de Singapour, cliquez ici.

Par Cat Wu
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Dimanche 4 juillet 2010 7 04 /07 /Juil /2010 13:23

Après une longue absence, me revoilà pour vous présenter notre nouveau chez-nous.  Comme je vous l’avais déjà expliqué, nous logions jusqu'à présent dans les appartements mis à la disposition des étudiants par mon université.  Comme prévu, après 9 mois de vie étudiante, il était temps de revenir à un mode de vie plus normal.  Nous avons donc déménagés dans une zone plus proche de la ville (A sur la carte) qui nous situe à mis chemin entre l’université (B) de Nanyang où je me rends presque tous les jours et le bureau d’Andy au centre ville (C). Pour voir notre immeuble (Block 310) cliquez ici.

 

Clementi map 

 

 

A cette occasion, j’en profite pour vous donner un aperçu de la vie quotidienne à Singapour.  Tout d’abord les transports en commun.  Nous n’avons pas de voiture car il se dit que Singapour est l’endroit du monde où les voitures sont les plus chères.  Ceci est dû à la taille réduite de l’île.  Ainsi, les pouvoirs publics cherchent à tout prix à réduire les engorgements aux heures de pointe tout en maintenant une qualité de l’air aussi bonne que possible.  Hormis le coût, posséder une voiture a plus d’inconvénients que d’avantage dans une ville où les transports en commun sont d’une qualité irréprochable à un prix défiant toute concurrence.  De plus, pour les couche-tard ou pour accéder aux zones non desservies par les bus ou le métro, il est toujours possible d’appeler un taxi, tout aussi accessible.

 

Pour ce qui est du logement, il se divise en 3 catégories. 

1/ Les maisons individuelles qui coûtent extrêmement cher car, le prix du terrain peut atteindre des sommets pour cause d’espace limité sur la surface de l’île.

2/ Les résidences privées de luxe avec piscine, gym, valet…  A Singapour, tout citoyen à le droit d’accéder à la propriété.  Dans le cas des logements privés, il n’y a pas de restriction de citoyenneté, même les étrangers (comme nous) y sont légalement autorisés.  La seule limitation c’est le prix.  Pour ce qui est de la location, chacun est libre de louer où il le souhaite mais les loyers sont soumis à la loi de l’offre et de la demande ce fait de Singapour une ville chère à la location.

3/ Enfin, l’état contrôle la plupart de la construction d’immeubles publics afin d’offrir à tous des logements de qualité (à l’ origine, ces barres d’immeuble avaient pour vocation de remplacer les taudis dans lesquels vivaient la plus grande part de la population).  Ces HLM modernes abritent plus de 85% de la population (nous inclus).  Ils sont régulièrement remis à neuf, très bien entretenus et construit dans un esprit de vis communautaire.  Pour vous donner une idée, le rez-de-chaussée des immeubles est vide et entièrement ouvert à l’air libre (souvenez-vous que la température moyenne avoisine 28 C toute l’année).  Les habitants peuvent louer ces espaces pour y célébrer le mariage de leurs enfants ou pour y organiser les veillées funéraires.  De plus, on trouve généralement tous les services de proximités : magasins d’alimentation, petit restaurant locaux… ainsi que tout un tas de commerces ambulants tel que ce marchand de « sandwich glacé » qui a installé sur sa mobylette un petit congélateur et qui nous vend une tranche de crème glacée entre deux tranches de pain à la fraise ou au pandan (une feuille verte qui sert à parfumer pain et gâteaux). 

Ces logements sont vendus neufs aux citoyens singapouriens, et seulement les appartements de « deuxième main » sont accessibles aux étrangers qui détiennent un permis de résident.  Le marché est hautement régulé par l’état afin de limiter la spéculation immobilière qui ferait augmenter les prix et interdirait l’accès à la propriété à ceux dont les ressources seraient limitées.  Sachez qu’à Singapour, le système de retraite se fait par capitalisation et donc le gouvernement s’est donné pour mission d’encourager chacun à posséder son logement afin d’assurer un certain niveau de sécurité à ses concitoyens.

 

Voici quelques photos pour vous donner une idée de notre appartement.  Notre immeuble fait face à un parc de manguiers (les grands arbres touffus) et de cocotiers.  Un chemin nous mène depuis le pied de notre immeuble à travers le parc jusqu'à la route où se trouve la station de métro un peu plus loin.  Nous habitons au 5ème étage (le rez-de-chaussée compte zéro). 

 

Notre immeuble derriere les cocotiers                       Le chemin-dos a l'immeuble 

 

Notre intérieur est simple et relativement petit.  Nous avons deux chambres et une grande cuisine.  Enfin nous avons 2 mini salles de bain (plutôt qu’une grande) car à Singapour, les familles vivent ensemble dans ces petits appartement et chacun aspire à son indépendance sanitaire…

 

Cuisine        Salon 1        Salon 2

 

 

                                      Notre chambre              Chambre d'ami 1

 

Par Cat Wu
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Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 14:49

Ca y est, c’est fait. J’ai mon nouveau passeport. Je peux enfin me faire appeler Madame Wu sans avoir à brandir mon certificat de mariage à tout va.

Madame Wu… quel nom étrange. Je le dis, je le répète, je le tourne dans ma tête… Madame Wu… je laisser vagabonder mon imagination… et ce qui en ressort est l’image d’une dame, la cinquantaine, asiatique, un peu ronde avec de grosses bagues et des bijoux un peu clinquants, une mise en plis imposante, un personnage sorti d’un vieux film de Hong-Kong, le genre où l’on s’attend à voir Jacky Chan bondir d’un coin de l’écran à la poursuite de quelque ninjas égarés… Rien à voir avec moi… et pourtant, dans ce nouveau film de ma vie, je suis Madame Wu, et ce n’est pas un rôle de composition. Tellement étrange et délicieux à la fois. Délicieux, oui ! Car je ne peux m’empêcher de sourire à la surprise de ceux qui comme moi, ce seront laissé berner par un nom apparemment venu de loin.

Cette même surprise, je la connais. J’y ai gouté quelques années plus tôt, à Pékin. Je conduisais alors des entretiens à l’ambassade du Royaume-Uni destinés à développer un programme de formation interculturelle. Ce programme avait pour vocation d’améliorer les relations entre le personnel chinois et les employés étrangers. Nous avions préparé deux questionnaires, un pour les entretiens en chinois et un pour les entretiens avec les ressortissants d’autres nations. Quelle ne fût pas notre surprise lorsqu’entra dans la pièce Mme Zhang ! Une dame de taille moyenne, cheveux roux avec un fort accent allemand. Mme Zhang avait rencontré son mari dans son pays d’origine, l’Autriche. Ils s’étaient mariés et étaient venus s’installer en Chine. Après presque 10 ans passés à Pékin, Mme Zhang parlait couramment le chinois. Elle nous raconta comment certains de ses proches l’avaient gentiment critiquée après son mariage. En réponse à la provocation, elle avait décidée d’adopter le nom de son époux affirmant que « s’ils n’acceptent pas mon mari, il n’y a pas de raison qu’ils m’acceptent moi ». Fort heureusement, mon cas est loin d’être si dramatique. Il n’empêche que changer de nom c’est un peu changer qui l’on est…

L’identité est qui nous sommes mais aussi ce que l’on devient. Ce que l’on devient par la force des choses mais aussi ce que l’on veut devenir par les choix que l’on fait. J’y ai longuement songé et sérieusement réfléchi. Prendre un nom qui vient d’ailleurs, qui appartient à quelqu’un qui vient d’ailleurs et avec qui je vivrai certainement ailleurs peut sembler par moments une décision de plus qui m’éloignera encore plus loin de là d’où je viens. Et pourtant, c’est aussi ma façon à moi d’embrasser ce petit bout de moi que j’ai choisi de devenir. C’est aussi ma façon à moi d’affirmer cette nouvelle dimension de mon identité qui ne se révèle pas d’elle-même à ma seule rencontre. Je suis française, peu-importe mon nom. Il me suffit d’ouvrir la bouche et de parler. Quelle que soit la langue, j’ai toujours l’accent chantant du sud de la France. Celui-là ne m’abandonnera jamais. Je mange français, je cuisine français, je lis en français, je parle de la France à qui veut l’entendre…

Et pourtant, je vis en Asie depuis presque 6 ans. Je suis membre d’une famille chinoise. Mes enfants auront les yeux en amandes. Personne ne m’a forcée, c’est moi qui aie choisi. Je ne veux pas l’ignorer. Je dois l’affirmer. Alors c’est décidé…

Je suis Madame Wu.

 

Photo 11 from Session Near Beijing 2009

Par Cat Wu
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Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 13:11

Sur cette terre lointaine qui en fait rêver tant, d’autres y sont venus chercher fortune. L’Asie du sud-est, terre de fantasmes et d’illusions; terre aux mille et une senteurs; où nos rêves les plus exotiques se déroulent sans jamais se réaliser… L’histoire de ce lointain orient qui en a fasciné tant est extraordinaire. Aujourd’hui, à l’heure d’internet, du transport aérien, de la mondialisation, nous nous imaginons que nous vivons une époque exceptionnelle où voyager n’est plus un luxe mais bien une réalité quotidienne. Certes… Pourtant, il est des lieux sur cette terre qui nous apportent la preuve que ce que nous avons imaginé dans notre inconscient de fantasmes est bien loin de la vérité de l’histoire.

 

PICT4124Les hommes ont toujours voyagé, que ce soit par nécessité – à la recherche de nourriture ou poussés par la famine, à la recherche d’un mode de subsistance ou pour fuir la misère; par force – la guerre, les discriminations; en quête de pouvoir – les colonisations; ou poussé par la curiosité, le désir de voir le monde ou à la poursuite d’un idéal (ou était-ce pure folie?) – souvenez-vous de Malraux en Asie, d’Hemingway à Cuba, de Lafayette aux Etats-Unis.Cela n’a en rien changé, et ce depuis des milliers d’années.

 

Il y a peu, nous avons eu la chance de découvrir l’un des vestiges du temps colonial, la gloire de l’empire Britannique et du Royaume des Indes, j’ai nommé, l’Hôtel Raffles. C’est une pure merveille architecturale, au charme fou, qui fait revivre ce temps où les british ladies venaient se rafraîchir dans les cours ombragées et les gentlemen anglais fumaient leur cigare en sirotant le « Singapore Sling » au Longbar – le bar des voyageurs en transit vers l’Inde ou Jakarta et des businessmen en tout genre. PICT4128

 

Cet hôtel, nommé après le fondateur de Singapour, Sir Thomas Raffles, est l’un des rares lieux qui rappellent encore l’ère coloniale. Places, avenues, écoles, et même entreprises portent le nom de Raffles. Mais c’est bien plus parce qu’ils lui sont redevable de la fondation de leur pays plutôt que par nostalgie du temps passé. Car pour les Singapouriens, le passé c’est le passé, et les temps meilleurs sont à venir. Notons pour l’anecdote que les invités asiatiques ont dû attendre les années 30 pour avoir le droit d’accéder aux prémisses de l’hôtel.

 

Fis de préoccupations humaniste ou politique, l’imagination a cela de merveilleux qu’elle permet de choisir les couleurs avec lesquelles peindre notre toile. Le tableau est beau et l’air est nostalgique. Au jour d’aujourd’hui l’Hôtel Raffles est mon coups de cœur singapourien, un lieu magique où le temps d’une balade je deviens Lady Catherine en transit vers des contrées lointaines, dans un comptoir d’Orient où se mêlent les senteurs des curies d’Inde, des soies de Chine et des bois précieux d’Indonésie; où l’activité incessante ne trouve de répit que le temps d’un orage tropical qui apportera un peu de fraîcheur à la chaleur étouffante des mois de mousson. Et dans mon rêve je rencontre des écrivains fauchés en quête d’inspiration, des militaires effrontés en quête d’excitation, et des hommes d’affaire pressés en quête des milles et une fortunes que seule l’imagination peut faire exister.

 

Qu’il est doux de rêver…

 

Cliquez ici pour voir les photos

 

 

Par Cat Wu
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